Les vins méditerranéens de l'Autriche - Josef Umathum
2 nov.

Les vins méditerranéens de l'Autriche - Josef Umathum

                                                           

L’Alsace a régné sur le monde, on ne le sait pas assez. Ceux sur le royaume de qui le soleil ne se couchait jamais étaient des Alsaciens.

Comment ? Vous l’ignoriez ? Vous ne lisez pas les gazettes ? Vous ne saviez pas ne saviez pas qu’Étichon, duc d’Alsace, avait épousé Bereswinde ? Ils ont donné naissance à sainte Odile et à bien d’autres. Gontran le Riche, très probablement leur petit-fils, duc d’Alsace, est le premier ancêtre documenté des Habsbourg. Sans l’Alsace, pas d’empereurs du Saint-Empire romain germanique, seigneurs de l’archiduché d’Autriche, rois de Croatie, de Hongrie, des Espagnes, du Portugal et des Algarves, de Naples, de Sicile, de Bohème, grands-princes de Transylvanie, rois de Jérusalem et ducs de Bourgogne, landgraves de Haute-Alsace, avoués de l’épiscopat de Strasbourg et de l’abbaye de Murbach.

J'entends déjà des remarques. Mais pourquoi nous parle-t-il d'Alsace ? Voyons ! Sans Alsace, point d’Autriche. Et c’eût été dommage. Car l’Autriche est un pays pittoresque, plein de montagnes altières, d’impératrices tabagiques et anorexiques, peuplé de créatures vêtues de chapeaux à plumes qui se nourrissent, dans des décors baroques, de crème fouettée et d’éponges marron joliment lustrées qu’ils appellent Sachertorte, sans doute pour donner l’impression que c’est comestible.

S’ils s’adressent à vous en hululant «hola dere tütü, hola dero, hoite hol i olle o », passant agilement d’une voix de corps à une voix de tête, n’en concevez aucune inquiétude, ils vous souhaitent certainement la bienvenue.

Ils ne savent que faire pour se distinguer. Il y a plus de tombes dans le cimetière central de leur capitale que cette dernière ne compte d’habitants. Ils enterrent leurs souverains en plusieurs morceaux, leurs tripes chez les Capucins, le cœur chez les Augustins, le reste on ne sait où. Ils inventent la valse, la psychanalyse, le croissant et les guerres mondiales. Sans oublier la machine à coudre, la physique quantique, la sécession, Conchita Wurst, les jardins zoologiques – les leçons d’Hannibal n’auront servi à rien, l’éléphant ne supporte que quelques mois les rigueurs du climat.

Ils ont pourtant un endroit où le climat est méditerranéen : le Neusiedler See, seul lac de steppe d’Europe centrale. C’est une flaque d’eau de 315 km² où un basketteur de taille moyenne aurait pied partout : sa profondeur maximale est de 1,8m. Une oasis climatique. Autour, des vignes et des vignerons. Parmi ces vignerons, de grands hommes, comme l’Autriche sait en produire.

C’est un privilège de pouvoir accueillir Josef Umathum à Paris pour deux séances de découverte des grands vins d’Autriche orientale. Dans son domaine de Frauenkirchen au cœur de la province du Burgenland, il magnifie les cépages locaux ainsi que d’autres, plus occidentaux, et quelques autres surprises.

Son approche minutieuse et son profond respect de l’environnement font parler de lui jusque chez nous quand il vient prodiguer des conseils à des collègues bourguignons. Son travail exemplaire permet à des cuvées de blanc d’atteindre un rapport qualité-prix dont nous nous félicitons depuis leur arrivée chez Soif d’ailleurs.

Ce 5 novembre, Josef Umathum a décidé de vous faire découvrir ses cuvées parcellaires de saint-laurent, blaufränkisch et zweigelt (le croisement des deux précédents), trois grands crus rouges, ce qui est un privilège tant ces vins sont habituellement réservés à la haute restauration. Six vins vous seront proposés à la dégustation en compagnie du vigneron, ce sera assurément un très beau moment à partager avec nous ce samedi 5 novembre.

Vous verrez que les Autrichiens ne font rien comme tout le monde. Et surtout pas leurs vins.

Participation aux frais pour la masterclass, 30 euros. Les participants auront droit à une remise de 10 % sur leurs achats.

Allez, hola dere tütü et à samedi !