Roulements de tambour à Tamboerskloof - les vins de Gerard de Villiers
16 mars

Roulements de tambour à Tamboerskloof - les vins de Gerard de Villiers

L’Afrique du Sud est immense, linguistique et mythologique. Vous pouvez choisir entre dix langues officielles. Nulle part ailleurs, on ne peut remplir un formulaire en ndebele ou en tshivenda. Comment vivre sans ? Vous n’aimez pas l’afrikaans guttural ? Choisissez de bloquer la zone dorso-vélaire avec votre langue : vous parlerez par clics. C’est original et distrayant.

L’Afrique du Sud a une lourde responsabilité dans le sort de l’Homme. Il y a été créé immortel par Unkulunkulu, ou Qamatha, qui croire ?, mais ne le savait pas. Un monsieur Jourdain de l’éternité, en quelque sorte. Aussi a-t-on envoyé Unwabu pour l’en informer.

C’était un caméléon. Sans doute a-t-il rencontré un obstacle trop multicolore en chemin. Ça l’aura mis en retard ; l’Homme n’a jamais rien su de son immortalité. On voit par là qu’il ne faut pas confier de messages importants à des lézards velléitaires.

Aussi l’Homme y meurt-il entouré d’un immense bric-à-brac animalier. Car l’Afrique du Sud est zoologique. Le moindre chat sauvage pèse cent cinquante kilos, le moindre ongulé fait quatre mètres de haut ; mélangeons cochon, kangourou et tamanoir, ajoutons-y des sabots crochus : et voilà un oryctérope. Vous le nourrirez de concombres et de cinquante mille termites par jour. Un oiseau ? Il mesure trois mètres et peut servir d’animal de selle. Tant va l’autruche à l’eau qu’à la fin elle se palme, nous apprend Raymond Queneau. Des autruches palmées sont une abomination que l’esprit humain se refuse à imaginer. Aussi le Sud-Africain la laisse-t-il dans des contrées désertiques.

Au lieu qu’ailleurs, il cultive la vigne. Depuis longtemps. La première vendange eut lieu en 1659. Les huguenots chassés par la révocation de l’édit de Nantes, suprême sottise soufflée par madame de Maintenon, assurèrent l’essor de l’industrie viticole. Aujourd’hui, ils produisent des vins splendides.

Parmi les viticulteurs, Gerard de Villiers. Pas celui du barbouze princier et des espionnes à la vertu légère. Celui des breuvages délectables, cousus main, élégants et parfumés. Sa gamme Tamboerskloof est dignement représentée chez Soif d’ailleurs : une syrah, un viognier et un rosé. Tous à prix très raisonnables.

Il sera là samedi 19 mars, à partir de 15 heures pour vous faire goûter ses vins. Ne les manquez pas.

C’est chez Soif d’ailleurs, et c’est samedi.