Des appellations de vin · chapitre 1

Écrit par: Nicolas Fouilleroux DipWSET Dans: Vins et vignobles Le: Commentaire: 0 Consulté : 44

Une récente interview du président de l'INAO, M. Jean-Louis Piton, publiée dans la Revue du Vin de France, m'a donné envie de partager quelques réflexions sur le sujet très débattu des appellations d'origine contrôlée, dont le monde du vin est tout particulièrement friand.

M.Piton compare en effet la filière vin et la filière lait en disant que cette dernière n'a que 15 à 20% de sa production vendue régie par une appellation en France, alors que le vin, attention les yeux ! Là on parle de 90% des bouteilles sous appellation contrôlée - on compte les I.G.P. aussi bien sûr.

Pourquoi tant de différence entre deux produits si courants, enfin surtout le lait ? Alors qu'un vigneron italien aime à dire que le vin est le seul aliment dont les ingrédients ne sont pas indiqués sur l'étiquette, est-ce que l'appellation rassure et informe à elle seule ?

Est-ce que cette dernière, en France ou ailleurs, est réellement si lisible pour le consommateur ? Non, pas celle-ci, évidemment... Bref, un peu de sérieux.

C'est certes pratique pour tenter d'identifier un style de vin qu'on aime, qu'on privilégiera à l'achat, mais même dans un commerce où l'on dispense des conseils, comment comprendre ce que veut dire un client quand il déclare aimer le chablis, aimer les rioja ? Bien sûr, je ne vais pas jouer l'idiot, c'est notre métier de déchiffrer cela, nous sommes bien d'accord, mais ce que je tente de dire, c'est qu'il suffirait d'aligner 50 chablis et 50 rioja pour que notre client trouve tout de suite des différences notables et déclare ne pas tout aimer, n'est-ce pas ?

L'effet pervers, c'est qu'il y a des appellations qui ont le vent en poupe, un a priori positif qui leur est accolé, et tant mieux pour elles, la polémique n'a pas lieu d'être ici, mais pourquoi donc tous les vins produits au sein de cette appellation seraient-ils automatiquement délectables ? N'y a t-il pas des vignerons et vigneronnes avec des approches bien différentes derrière tout cela ?

Et de même pour les appellations "repoussoirs", tenez, prenons un exemple en Italie :

Si je vous dis Lambrusco ? Vous allez vous enthousiasmer automatiquement ? Honnêtement je ne vous en voudrais pas si vous aviez une hésitation. Voilà il me semble l'effet pervers des appellations, quand une dérive de production de masse baisse la qualité des produits les plus largement distribués, ou quand une période dans l'histoire a endommagé l'image de cette appellation, il est bien difficile de remonter la pente. Un client déclarait par exemple cette semaine, « Ah non, pas la clairette de Die, c'est pas bon la clairette de Die ! ». Pardon monsieur, c'est une A.O.C. tout de même, non mais ! Hum.

Alors justement ce Semprebon, toujours bon en dialecte lombard, est le lambrusco di grasparossa - le cépage - que nous venons d'accueillir chez Soif d'ailleurs, le premier depuis l'ouverture, car oui, il faut les dénicher, mais aussi accepter qu'il se vende à 18 euros et non à cinq. Pourtant avec la même appellation, il y aura bien d'autres rouges frizzante à éviter pour l'amateur un peu exigeant...

La suite au prochain chapitre

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