Un cataplasme d’estomac de cigogne cuit dans du vin vient à bout des acnés les plus rebelles

Écrit par: Mathieu Wehrung Dans: Le saviez-vous ? Le: Commentaire: 0 Consulté : 31

Quoi ? Comment ? Mékéskidi ?

Et pourtant. Ça n’est pas moi qui le prétends. La lecture de l’histoire naturelle de Pline l’Ancien est riche d’enseignements. Le vin était un ingrédient essentiel de la pharmacopée antique. 

Des verrues ? La sève de la vigne les soigne. Des brûlures d’estomac ? Des feuilles de vigne avec de la farine d’orge. Si l’empirisme semble entériner ces deux remèdes de bonne fame, d’autres sont infiniment étranges. On apprend les plus belles choses.

La rate qui se dilate ? Oubliez tout ce qu’on vous a dit sur la splénomégalie et consommez la cendre de sarments et de ceps mêlés de vinaigre et votre rate retrouve sa ligne de jeune fille. 

Les Parisiens ou les Vénitiens seront avantagés en cas d’angine. Ils n’auront aucun mal à se procurer la fiente de pigeon qui, cuite dans le vin, viendra à bout de leurs maux de gorge. 

Toujours dans les ennuis de saison, la gastro guette. Ne la craignez pas ! Procurez-vous plutôt un mouton et un ibis. Prélevez la rate du premier et réservez le reste, lorsque vous aurez récupéré vos facultés digestives, cela fera un haricot, un navarin, une souris, un gigot. Quant à l’ibis, il faut le brûler afin de récupérer ses cendres. Vous prenez le tout avec du vin et guérirez mieux qu’avec tout ercéfuryl. N’oubliez pas de plumer l’ibis avant crémation, la plume brûlée risque de donner un goût désagréable au remède. Comment ? Où trouver un ibis ? Débrouillez-vous, que diable ! Le Jardin d’acclimatation en est plein.

Si d’aventure ce remède que l’on n’ose qualifier de cheval ne suffisait pas à vous rétablir et que vous vous mettiez à vomir du sang, ne vous inquiétez pas et mettez-vous en quête d’un vautour. Apprivoisez la bête, volontiers  revêche, et prélevez-en le poumon. Mêlez-y des sarments de vigne, fleurs de lys, coing, grenade, à prendre avec du vin. Vous voyez, nous ne vous demandons pas l’impossible, c’est la pleine saison du coing et la grenade est presque mûre. 

Vous voilà donc rétabli, mais la grippe vous guette ; vos quintes de toux vous font cracher du sang. Vingt grillons rôtis et pilés mêlés de vin miellé et le problème est résolu. Comment ? Ah, mais vous n’êtes vraiment pas débrouillards ! Allez à la Ferme tropicale, ils en vendent pour nourrir les iguanes et autres bestiasses pleines de pattes et d’écailles, il faut tout vous dire.

Et si la chasse au vautour ou la quête de l’ibis vous a rendu nerveux, oubliez anxiolytiques et somnifères, prenez du vin avec de la cendre de tête de hibou. C’est pour cette simple raison que les campagnards sont moins émotifs que les citadins, inutile de chercher plus loin.

On voit par là que le citadin sait mieux que le campagnard calmer ses angines et que le teint de matin de Pâques de l’Alsacien doit tout à l’estomac de son piaf emblématique. Nous tirerons de tout cela que les certitudes rafraîchissantes que la science moderne a beaucoup à apprendre de la sagesse antique et que le vin, ma foi, c’est bon pour tout.

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